Marchés des céréales et des oléagineux – Sécheresse et chaleur pilotent un marché hésitant


Le marché des céréales restait volatil ces derniers jours, suspendu aux résultats d’une sécheresse historique en Europe et aux États-Unis et guettant anxieusement la publication en fin de semaine d’un rapport américain qui donnera la tendance sur les prévisions mondiales de grains.

En effet, la dégradation de la qualité des cultures se poursuit dans les plaines de la « Corn Belt » américaine, souffrant du manque d’eau et de fortes chaleurs à ce stade critique. Dans son bilan hebdomadaire, l’USDA a déjà rabaissé les surfaces de maïs classées « bonnes à excellentes » à 58 % contre 61 % la semaine précédente, « la cote la plus basse depuis 2012 ».

Michael Zuzolo, président de la société de courtage et d’analyses Global Commodity Analytics and Consulting, constate « qu’une grande partie des récoltes a été soumise à un stress important » dans le Midwest, avec une détérioration rapide notamment pour le blé de printemps.

Selon l’USDA, les cultures « bonnes à excellentes » de cette céréale sont tombées de 70 % à 64% depuis la semaine passée.

« On n’est pas à l’abri d’une hausse des cours »

« On n’est pas à l’abri d’une hausse des cours si les chiffres mensuels de l’USDA vont plus loin que les attentes dans la baisse de rendement », souligne Damien Vercambre du cabinet Inter-Courtage, qui indique toutefois que de récentes pluies dans la « Corn Belt » sont bienvenues pour la floraison.

Les craintes au sujet du soja ont déjà entraîné un mouvement de rebond cette semaine sur le marché des oléagineux. Dans son sillage le colza restait très volatil, oscillant entre 633 et 660,25 euros la tonne à la clôture sur le marché européen Euronext, sans revenir à son pic à 689,75 euros atteint fin juillet.

En parallèle, la sécheresse historique que connaît une grande partie de l’Europe et notamment la France, avec le pire épisode enregistré depuis 1958, génère du stress pour les récoltes de maïs et de tournesol.

La hausse des cours reste toutefois tempérée par la reprise progressive des exportations en mer Noire, dans le sillage des accords signés par la Russie et l’Ukraine pour reprendre les exportations des 20 à 25 millions de tonnes de céréales bloquées depuis le début de la guerre fin février.

Retour de la Russie à l’export

La sortie des navires ukrainiens, chargés de maïs ou de graines de tournesol, limite les conséquences de la météo sur le marché, estime Michael Zuzolo, qui souligne toutefois que l’offre mondiale – notamment de blé – reste très limitée.

Depuis le départ du cargo Razoni le 1 er août, qui a quitté Odessa avec 26 000 tonnes de maïs à son bord, une dizaine de navires ont pris le départ des ports ukrainiens à l’arrêt pendant cinq mois. Les autorités ukrainiennes espèrent que trois à cinq bateaux pourront partir quotidiennement d’ici à deux semaines.

« Il semble que cela se passe bien jusqu’à présent » relève Jason Britt de Central State Commodities, qui concède que les opérateurs avaient anticipé le pire, et indique que la reprise du trafic « plafonne la hausse » des cours du blé.

L’accord prévoyant aussi de faciliter l’exportation des produits agricoles russes, Moscou devrait venir alimenter un marché international très demandeur à l’automne, s’appuyant sur une récolte en blé exceptionnelle.

L’ Union européenne, pour sa part, a évalué mardi ses exportations en blé à 2,49 millions de tonnes depuis le début de la campagne 2022-2023, en légère progression par rapport aux 2,45 millions de l’an passé à date.





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