Longtemps disparu, Slingshot Rat, célèbre rat de Banksy peint sur un mur de Bethléem en Palestine, refait surface dans une galerie de Tel Aviv


Capture de l’oeuvre « Slingshot Rat » réalisé par Banksy sur un mur de la ville palestinienne de Bethléem

Capture de l’oeuvre « Slingshot Rat » réalisé par Banksy sur un mur de la ville palestinienne de Bethléem, milieu des années 2000

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Pochoir et bombe aérosol noir • Urban Gallery, Tel Aviv • © Banksy

Un rat se tient debout, un lance-pierre de fortune dans les pattes. Son attitude n’est pourtant pas menaçante. Le rongeur apparaît bien petit et démuni au pied du mur de séparation entre Israël et la Palestine situé à proximité, une terne muraille scandée de poteaux électrifiés. Intitulée Slingshot Rat, cette peinture au pochoir à la fois percutante et controversée – certains y voient une approche trop simpliste du conflit israélo-palestinien –, avait été réalisée par le street-artiste britannique Banksy au milieu des années 2000, sur un mur de béton gris de la ville palestinienne de Bethléem, lors de l’une de ses virées secrètes dans cette région marquée par des guerres et des violences récurrentes depuis près de 75 ans.

Exprimant l’opposition de l’artiste à l’édification de ce mur de plus de 500 km voulu par Israël, l’œuvre avait depuis longtemps disparu. L’animal frondeur avait été recouvert de peinture acrylique à la bombe par des vandales puis emporté, après que la portion du mur sur laquelle il se trouvait ait été découpée – une pratique décriée, devenue hélas courante dans le monde du street-art. Le voilà à présent exposé à la Urban Gallery de Tel Aviv (Israël), où il est réapparu comme par magie le mois dernier sur sa dalle de béton de 400 kg, soigneusement nettoyée.

Koby Abergel, marchand d’art israélien, dit l’avoir acquise en toute légalité auprès de Palestiniens basés à Bethléem. L’homme souhaiterait simplement la montrer au public sans intention de la vendre. Mais pour rejoindre Tel Aviv, le célèbre rat a forcément passé en catimini un ou plusieurs checkpoints militaires. « C’est un vol de la propriété du peuple palestinien » s’insurge Jeries Qumsieh, porte-parole du ministère palestinien du Tourisme. Banksy, lui, ne s’est pas exprimé sur le sujet.

Ce n’est pas la première fois, ce mois-ci, que l’artiste fait parler de lui : en association avec la société LCD Lab, il va vendre le 17 septembre 1 000 œuvres en format NFT (actant ainsi son entrée sur ce marché) en offrant la possibilité aux acheteurs de les « brûler » pour recevoir, en échange, leur version physique. Ce sera ainsi la première fois que des œuvres réelles seront vendues par le biais de la technologie NFT. Pas étonnant de la part de ce spécialiste des coups d’éclat !





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