L’éternel retour d’un « Un été au Havre »


Lancé par Jean Blaise en 2017, « Un été au Havre » n’aurait a priori dû accompagner que la célébration des 500 ans de la ville. Pourtant, depuis, ce triple parcours en plein air, composé d’une vingtaine d’installations contemporaines et assorti de trois expositions temporaires, ne cesse de faire son grand come-back. Le retour, voilà un fil conducteur attrayant, même si cette sixième édition ne s’articule autour d’aucun thème précis.

Ce qu’il faut savoir

Deux pièces, amenées à s’absenter par le passé, reviennent cette année pour le bonheur des visiteurs. À commencer par une nouvelle version, en bronze, de Jusqu’au bout du monde, représentation de l’artiste Fabien Mérelle portant sa fille sur ses épaules [ill. en Une]. Victime d’un incendie volontaire en 2019, cet autoportrait en résine, autrefois campé sur la plage du Bout du monde (d’où son nom…), trône désormais sur la digue Augustin Normand. Présentée pour la première fois avenue Foch, en 2019, la Narrow House (maison étroite) de l’Autrichien Erwin Wurm revient au square Claude Érignac. Cette fois-ci pour rester. Rentrez les abdos ! Les murs se resserrent à mesure que l’on avance dans cette maison évoquant l’enfance de l’artiste, bercée par le désir d’échapper à une vie étriquée. Quant à la Halle aux poissons, en cours de restauration, elle rouvre cet été, végétalisée, pour accueillir un café et six résidents portés par des valeurs écologiques.

À ne pas rater

« Un été au Havre », on y retourne aussi pour retrouver des œuvres pérennes, tels Monsieur Goéland de Stephan Balkenhol – un homme à tête d’oiseau de près de trois mètres posté sur un perchoir aussi haut – et Catène de containers de Vincent Ganivet –une double arche multicolore de 280 tonnes –, tous deux ancrés dans le paysage urbain. Il s’agit aussi de savourer l’inédit. Parmi les nouveaux venus, cet été, deux protégés de la galerie Perrotin. Le personnage totémique, sans titre, d’Izumi Kato, dont une guêpe géante semble escalader le tronc, se confond presque, par ses couleurs et par sa taille, avec les arbres de la place Saint-Vincent-de-Paul. Intitulée Sorcière des mers, la girouette en bronze polychrome de Klara Kristalova coiffe un bâtiment de manœuvre situé en face du restaurant Chez Lili, nouveau hotspot de la ville. Parfaite transition vers le MuMA qui consacre actuellement une exposition au vent, « Cela qui ne peut être peint ». Encore une édition inspirée !

Klara Kristalova, Sorcière de la mer, 2022

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bronze • © Photo Anne-Bettina Brunet

Erwin Wurm, Narrow House, 2019

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installée dans le square Claude Erignac • © Photo Anne-Bettina Brunet

Lorène Dengoyan, Les Optimists, 2022

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installation dans le bassin du Commerce • © Photo Anne-Bettina Brunet

Izumi Kato, Sans titre, 2022

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installation Place Saint-Vincent-de-Paul • © Photo Anne-Bettina Brunet

Du 25 juin au 18 septembre 2022

46 lieux  • https://www.uneteauhavre.fr/fr

Le Havre • 76600



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