L’État jugé responsable d’une «faute lourde» après un quadruple meurtre en 2016


L’État a été jugé «responsable» d’une «faute lourde» après un quadruple meurtre commis dans la nuit de Noël 2016 dans la Drôme et le Vaucluse, a appris l’AFP mercredi 15 décembre auprès de l’avocat des familles des victimes.

«La chambre civile du tribunal judiciaire de Valence a estimé que l’État avait failli dans le déroulé des faits précédant les meurtres. Il a été jugé responsable du fait de la faute lourde commise par des officiers de police judiciaire», en l’occurrence des gendarmes, dans le suivi de la prise en charge de l’auteur présumé des meurtres, a expliqué à l’AFP Me Alain Fort. Initiée par ce dernier, la procédure aboutit presque deux ans jour pour jour après la décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble, selon laquelle l’auteur présumé des faits est «irresponsable pénalement» en raison de son état psychiatrique.

Un périple meurtrier

Le 25 décembre 2016, Fissenou Sacko, alors âgé de 23 ans, prend à Beauvais un train pour Paris, puis Marseille. Sans billet. Après une altercation avec des contrôleurs, il descend en gare de Valence. Très excité et tenant des propos incohérents, il est emmené par des gendarmes qui le confient ensuite à des pompiers. Ces derniers le conduisent à l’hôpital d’où il s’échappe.

Commence alors un périple meurtrier. À 02h45 du matin, le 26 décembre 2016, il tue Paulette Guyon, 79 ans, poignardée dans son lit à Chabeuil (Drôme). Puis vers 05h00, il s’attaque à un couple de Montvendre (Drôme). Marie-Thérèse Philibert et son mari Bernard, 65 ans, reçoivent respectivement 27 et 23 coups de couteau. Le même jour, sur le parking d’un supermarché d’Orange (Vaucluse), il frappe à la tête avec une pierre Renée Chevalier, 65 ans, qui succombera à ses blessures.

«Une appréciation calamiteuse»

«Il était bien évident que la mesure à prendre était de le placer en garde à vue. S’il était dans un état bizarre, il fallait le faire examiner par un psychiatre et s’il ne l’était pas, saisir évidemment tout de suite le procureur de la République qui l’aurait fait juger en comparution immédiate», a ajouté Me Alain Fort, regrettant «une appréciation calamiteuse» de la situation par les militaires à l’époque.

Dans sa décision, la chambre civile valentinoise considère en effet qu’en «s’abstenant de recourir à une mesure de contrainte, nécessaire au regard de la gravité des faits commis et de la personnalité de l’intéressé, les officiers de police judiciaire ont commis une faute lourde, engageant la responsabilité de l’État».

Fissenou Sacko est interné pour schizophrénie en unité pour malades difficiles à Villejuif (Val-de-Marne). La chambre civile valentinoise n’a pas accordé d’autres dommages et intérêts aux familles des victimes, ces dernières ayant été déjà indemnisées par l’État.


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