les laboratoires sur le pied de guerre pour adapter leur vaccin au variant Omicron


Pfizer-BioNTech et Moderna se disent prêts, si nécessaire, à mettre à jour rapidement leurs vaccins actuels pour les rendre efficaces contre le variant Omicron.

Depuis quelques jours, le gouvernement français et l’Union européenne appellent la population à se faire administrer une dose de vaccin de rappel pour endiguer le rebond épidémique observé. Pourtant, une incertitude plane déjà sur la protection offerte par cette troisième dose.

Ces derniers jours, l’émergence d’un nouveau variant, appelé Omicron, apparu en Afrique du Sud, fait craindre aux laboratoires que leurs vaccins actuellement administrés deviennent beaucoup moins efficaces contre cette nouvelle souche de Covid-19. Avec en toile de fond cette question : faut-il déjà concevoir de nouvelles versions des quatre vaccins autorisés dans l’Union européenne ?

L’Agence européenne du médicament préconise pour l’instant d’étudier cette nouvelle souche afin de connaître le danger réel qu’elle présente pour la santé. «Nous surveillons de près le variant B.1.1.529 nouvellement apparu, qui présente de nombreuses mutations dans la protéine de pointe du Covid-19. (…) Il est prématuré à l’heure actuelle de prévoir l’adaptation des vaccins afin de lutter contre ce variant émergent», a déclaré dans un communiqué l’institution basée à Amsterdam.

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Nouvelle version disponible en 100 jours

De leur côté, les laboratoires s’activent pour analyser ce nouveau variant susceptible de rendre partiellement caduques leurs vaccins. «Nous avons immédiatement lancé des études sur le variant B.1.1.529» qui «diffère clairement des variants déjà connus car il présente des mutations supplémentaires sur la protéine spike», a affirmé vendredi un porte-parole de Pfizer BioNTech.

Le groupe assure que les résultats de ces études seront connus «au plus tard dans deux semaines» et se dit prêt à développer une nouvelle version de son vaccin si nécessaire. «Nous avons pris des mesures il y a des mois pour pouvoir adapter le vaccin à ARNm dans les 6 semaines et expédier les premiers lots dans les 100 jours en cas de variant qui échappe à l’immunité», indique le porte-parole de Pfizer, qui explique avoir déjà mené des essais cliniques pour produire des vaccins spécifiques aux précédents variants Alpha et Delta.

Pression de l’Union européenne

Son concurrent Moderna promet «de développer rapidement un candidat vaccin pour une dose de rappel spécifique au variant Omicron». Selon son patron Stéphane Bancel, cela s’inscrit dans une stratégie «proactive» d’adaptation permanente à l’évolution du virus, illustrée ces derniers mois par la mise au point de doses de rappel adaptées aux souches Alpha et Delta.

Les laboratoires se trouvent sous la pression de l’Union européenne, qui appréhende la propagation du variant Omicron sur le continent. La présidente de la Commission européenne a ainsi rappelé les fabricants de vaccin à leurs obligations contractuelles. «Les contrats de l’Union européenne avec les fabricants stipulent que le vaccin doit être adapté immédiatement aux variants dès qu’ils émergent», a insisté vendredi Ursula von der Leyen lors d’une conférence.

Quant à la faisabilité d’une telle mise à jour du vaccin, le scientifique britannique Andrew Pollard qui a dirigé les recherches sur le vaccin d’Oxford/AstraZeneca contre le coronavirus estime qu’une nouvelle version pourrait être développée «très rapidement» contre le variant Omicron.

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