le ministère des Armées «regrette» qu’il n’ait pas respecté son «engagement moral» vis-à-vis des militaires


Le porte-parole de Florence Parly a rappelé sur Twitter les «impératifs opérationnels et de confidentialité» inhérents à chaque visite d’une personnalité politique auprès des troupes engagées.

La Grande muette sort du silence. Dans une suite de messages publiée sur Twitter, le porte-parole du ministère des Armées, Hervé Grandjean, a tenu à revenir sur les «réactions» suscitées par «la visite d’Éric Zemmour auprès de nos soldats à Abidjan », pour préciser «dans quel cadre cette visite a été autorisée». «Les personnalités politiques peuvent visiter des unités militaires, si elles en font la demande et dans le respect des impératifs opérationnels et de confidentialité. C’est une pratique républicaine tout à fait courante et légitime», rappelle d’abord le haut-fonctionnaire.

Parmi les nombreuses recommandations qui encadrent chaque déplacement de ce type, l’Hôtel de Brienne exige systématiquement «de réaliser ces visites dans la plus grande discrétion», à savoir : «pas de médias, pas de photos à usage public, pas de réseaux sociaux». Un code de conduite jugé «indispensable» pour «préserver la neutralité des armées, et d’éviter toute instrumentalisation politique». «Cet engagement moral que nous demandons aux candidats à la présidentielle n’a pas été tenu aujourd’hui par un candidat. Nous le regrettons», déplore enfin l’ingénieur de formation.

Macron et Castex contraints d’annuler leurs visites à cause de la cinquième vague

En cause, la publication par le candidat nationaliste, sur son compte Twitter, de plusieurs photos où il apparaît au milieu de plusieurs militaires, dont il a systématiquement pris soin de dissimuler le visage. «Je suis honoré d’avoir visité la base logistique de l’opération Barkhane aujourd’hui, en Côte d’Ivoire», écrit-il notamment dans un premier message. Avant de détailler, dans un autre, son désir d’«augmenter et moderniser les moyens» de l’armée, de «redonner à notre défense les moyens de rayonner», et de «retrouver l’indépendance de nos moyens militaires».

Habitué à se rendre lui aussi auprès des troupes françaises engagées sur les théâtres extérieurs pendant la période de Noël, Emmanuel Macron a été contraint de renoncer à son traditionnel déplacement au Mali cette année, à cause de la reprise épidémique. Le président, qui avait déjà dû annuler pour cause de Covid-19 à l’hiver 2020, s’était rendu à Niamey (Niger) en 2017, puis à N’Djamena (Tchad) en 2018, et enfin à Abidjan (Côte d’Ivoire) en 2019. Le premier ministre Jean Castex, qui avait prévu de passer le Nouvel An avec des militaires en Jordanie, a également dû renoncer.





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