Hollande «passe le témoin» à la candidate Hidalgo dans son fief de Tulle


L’ancien chef de l’État a manifesté son soutien à la maire de Paris et candidate du PS, mal en point dans les sondages.

«Venir ici, c’est déjà gagner», lance François Hollande à la candidate socialiste Anne Hidalgo venue faire campagne samedi à Tulle dans le fief corrézien de l’ex-président. «C’est pour ça que je suis là», lui répond la maire de Paris, toujours à la peine dans les sondages pour 2022.

Sous le soleil, l’ancien chef de l’État tient à apporter son «soutien» à Anne Hidalgo, «un passage de témoin» au moment où elle tente de donner un énième coup d’accélérateur à une campagne présidentielle qui peine à décoller. La maire de Paris est mal placée dans les sondages où elle végète autour des 5% d’intentions de vote? «C’est très bon signe», fait savoir François Hollande, lui-même loin d’être favori avant de finir à l’Élysée en 2017, lors d’une visite sur le marché de Tulle. Entre étals de fromages, viandes et autres vendeurs de primeurs, le duo s’affiche face à la presse pour une photo de famille, mais aussi, selon Anne Hidalgo, «pour entendre et s’enrichir» au contact des 15.000 habitants de la ville dont François Hollande fut le maire entre 2001 et 2008.

«Comment allez-vous ?», «Ça va?», «Les enfants vont bien?»: chez lui à Tulle, où il possède une maison, l’ancien président se montre très à l’aise dans des rues qu’il connaît par cœur. «Elles ont l’air bonnes ces crêpes», dit Anne Hidalgo devant un comptoir, vite reprise par la gérante Françoise, 60 ans, qui lui explique «les crêpes, c’est le nom à Paris, ici, ce sont des tourtous».

Interrogé au détour d’un étal de fromages sur la campagne balbutiante de la maire de la capitale, François Hollande insiste: «Ça patine où ? La campagne n’a pas encore commencé !» Avant d’enchaîner : «Là on se met en route, c’est l’objet de notre visite, la campagne commence véritablement, selon mon expérience, mi-janvier. Anne a encore le temps pour convaincre les Français.» La candidate, toujours accompagnée de l’ex-président, devait s’y employer dès samedi soir lors de la Fête de la Rose à Malemort, un village près de Brive-la-Gaillarde, après une séance de dédicaces dans l’après-midi à la Foire du Livre de Brive.

«Jusqu’au bout»

En attendant, François Hollande est là pour distiller des conseils. «Il y a des cycles. Ce n’est pas la même chose d’être dans l’espace médiatique plusieurs mois avant le scrutin et d’être candidat», juge-t-il, visant directement le candidat putatif d’extrême droite Eric Zemmour, très présent dans les médias. Pour lui, «les Français ne sont encore pas dans le choix, mais dans le regard» de ce qu’il se passe, «suffisamment mûrs et conscients des enjeux pour ne pas se mettre dans la perspective» d’élire un candidat populiste en avril prochain. Mais il juge tout de même «inquiétant» les «thèmes utilisés, les phrases prononcées et les provocations faites» dans la campagne électorale. Pour réussir sa campagne, il conseille à Anne Hidalgo de créer «la force qui va permettre que les Français puissent se donner la perspective de l’alternance».

Aux côtés de Français Hollande et Anne Hidalgo sur le marché de la Gare, l’actuel maire de Tulle Bernard Combes (DVG) salue lui aussi la candidature de la socialiste, «la plus sérieuse à gauche» avec «une vision de femme qui a l’expérience et les compétences». «Elle incarne plus que le PS, elle incarne toute la gauche», veut croire l’élu, qui a pourtant claqué la porte du Parti socialiste en septembre.

Anne Hidalgo l’assure : «On a connu des années difficiles : le PS s’est effondré après l’élection présidentielle en 2017 mais la grande idée que nous portons dans ma famille de pensée, la social-démocratie, est là». «Et je sens que beaucoup de Français sont orphelins», souligne-t-elle. Convaincue qu’elle peut redresser la barre dans les sondages, la maire de Paris insiste face à la gare, déterminée : «Oui, j’irai jusqu’au bout!».



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