25 ans de prison requis contre un détenu pour avoir attaqué deux gardiens


Une peine de 25 ans de réclusion criminelle a été requise vendredi 19 novembre devant les Assises de Bastia à l’encontre d’un détenu qui avait agressé en 2018 deux gardiens de la prison de Borgo, les «visages de la République» pour l’accusation.

Morad Akaouch, 32 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir attaqué deux gardiens de prison, le 19 janvier 2018, à six mois de sa sortie de détention. Il les avait blessés à de multiples reprises à la tête, au niveau des cervicales et des clavicules, avec une arme blanche jamais retrouvée. Pour Arnaud Viornery, l’avocat général, qui a assorti la peine requise d’une période de sûreté des deux tiers, «on a tenté de tuer avec préméditation des surveillants pénitentiaires qui, dans leur rôle, exerce le visage de la République» et «qui ne méritaient pas ce qu’il leur est arrivé».

10 coups de couteau pour chaque surveillant

Insistant sur le nombre de «coups de couteau» portés, «dix pour chaque surveillant», en visant «le haut du corps, là où se trouvent les zones vitales», le représentant du ministère public a affirmé que «l’intention d’homicide» était «évidente et patente». Les deux gardiens présentaient 11 et 13 plaies, chacun ayant «deux plaies profondes», sans pronostic vital engagé, a témoigné cette semaine le médecin légiste qui les avait examinés après les faits.

Arnaud Viornery a néanmoins «totalement écarté le mobile terroriste», reconnaissant simplement «une connotation religieuse» dans l’acte. Le détenu avait crié «Allah Akbar» à plusieurs reprises après les faits, avant de se draper d’un drapeau palestinien. Pour le magistrat, l’acte de l’accusé, prémédité, s’inscrit dans «le champ d’un tunnel de vengeance qu’on se construit soi-même et qui conduit au sang»: «Morad Akaouch s’est enfermé dans un trait de personnalité où tout le monde lui en veut» et a fini par céder à ce qu’il «a vécu comme une injustice de trop».

Sans contester les agressions, Morad Akaouch a «demandé pardon» aux gardiens agressés, au premier jour de son procès, et affirmé que son acte n’était pas prémédité et qu’il n’avait pas eu «l’intention de tuer», évoquant «un accès de colère» lié au «harcèlement des surveillants». Avant les réquisitions, qui ont laissé Morad Akaouch impassible, les trois avocats des parties civiles avaient également plaidé la préméditation et demandé «une décision juste, à la mesure de la souffrance des victimes», en décrivant en la personne de Morad Akaouch «un monstre tapi qui ne demande qu’à surgir».



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